Capitaine Pierre Maurice Paquin

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"Dans la soirée, les 1re et 5e compagnies sont envoyées, par le Général commandant le C. A., en soutient du 162e R. I., assez fortement pressé par les Allemands, vers le bois du Fayel.

Quand nous arrivons à la crête, les balles allemandes rasent le sol, coupant net la tige des herbes; quelques patrouilleurs sont blessés.
On avance en minces colonnes, utilisant les moindres replis du sol. Sur la crête, nous trouvons une compagnie d’infanterie, dont presque tous les hommes, déployés en tirailleurs, sont tués. Le Capitaine, debout, attend stoïquement la mort ; il nous accueille en pleurant.

La 1re compagnie ouvre le feu, l’ennemi se tait et s’arrête interdit. Alors, la 5e compagnie, enlevée vigoureusement par le capitaine Paquin, s’élance hardiment ; elle dévale la pente est de la cote 320, mais les mitrailleuses ennemies redoublent de fureur, fauchant les hommes et les blés Le lieutenant Bigorgne atteint la lisière du bois Grand-Champ ; apercevant une mitrailleuse dissimulée dans les branches, il fonce dessus avec sa section et tombe mortellement blessé à quelques mètres de la pièce. Le capitaine Paquin est tombé glorieusement pendant la contre-attaque. Le lieutenant Ménétrez rassemble quelques hommes ; le sergent-major Bourchied avec une autre poignée d’hommes, luttera jusqu'à la nuit, interdisant, avec sept hommes, l’entrée de Pierrepont.

La ferme attitude des compagnies déployées, la vigoureuse contre-attaque de la 5e compagnie, ont fait stopper l’ennemi.

Le 6e corps se reforme en ordre sur la rive sud de la Crusnes ; à la nuit, on prend les avant-postes sur la route de Pierrepont à Longuyon.
Vers 18 heures, sur l’ordre du chef de Bataillon, les 1re et 5e compagnies et la section de mitrailleuses se retirent du combat sans être inquiétées et se rendent à Beuveilles. Seul, le sergent Honnons, avec une vingtaine de chasseurs, ayant pris pied dans le bois Grand-Champ,attendent la nuit noire pour se retirer ; ils ramènent ce qu’ils peuvent de blessés de la 5e compagnie.

Le corps du capitaine Paquin a été amené à Pierrepont.
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Pierrepont et Arrancy sont en flammes. Dans la nuit, on entend les roulements des convois, des cris de blessés, des ordres ; la fusillade et le canon se sont tus, ; de part et d’autre, on se reforme après ce combat.
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Campagne 1914 – 1918 - Historiques des 25e , 65e et 106e Bataillons de Chasseurs à Pied Imprimeur-Éditeur E.-J. Caudron – Paris - 1935

Source : http://gallica.bnf.fr. - Droits : Domaine public - Transcription intégrale : 2015
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